vendredi 8 mai 2009

Charlottes aux chocolats

C’est sur ces deux charlottes que mon bébé vient de souffler ses 8 bougies... Je regarde cette grande petite fille pleine d’énergie, autonome (presque) en toutes choses et je m’interroge : quand cela est-il arrivé ?

Idem pour sa grande sœur : elle n’a que 10 ans et demi (surtout ne pas oublier le « demi » : le pré-ado y tient beaucoup et est très susceptible ;-) mais on devine déjà la jeune fille qui se cache derrière la silhouette enfantine ; pas encore papillon, mais déjà plus tout à fait chenille…

Le temps a passé si vite… En ai-je assez profité ? Quelle image garderont-elles de la mère que je suis ? Et comment vont évoluer nos relations au fil des années à venir et surtout des choix et des rencontres qu’elles vont inévitablement faire ?

Un thème et des questions qui ont inspiré bien des auteurs… J’avais envie de vous faire partager ce texte d’une chanson d’ABBA, que je ne connaissais pas avant d’avoir vu « Mamma Mia ! », et qui me touche énormément parce que le ton y est particulièrement juste (oui, je sais, à priori il y a comme une contradiction dans les termes, et moi non plus je n’aurais pas spontanément pensé à ABBA dans la catégorie « chanteurs à texte », mais bon, tout le monde peut avoir un moment de grâce, non ? Même les paroliers d’ABBA !) :


Schoolbag in hand, she leaves home in the early morning
Waving goodbye with an absent-minded smile
I watch her go with a surge of that well-known sadness
And I have to sit down for a while
The feeling that I’m losing her forever
And without really entering her world
I’m glad whenever I can share her laughter
That funny little girl

Slipping through my fingers all the time
I try to capture every minute
The feeling in it
Slipping through my fingers all the time
Do I really see what’s in her mind
Each time I think I’m close to knowing
She keeps on growing
Slipping through my fingers all the time

Sleep in our eyes, her and me at the breakfast table
Barely awake, I let precious time go by
Then when she’s gone there’s that odd melancholy feeling
And a sense of guilt I cant deny
What happened to the wonderful adventures
The places I had planned for us to go
Well, some of that we did but most we didn’t
And why I just don’t know

Slipping through my fingers all the time
I try to capture every minute
The feeling in it
Slipping through my fingers all the time
Do I really see what’s in her mind
Each time I think I’m close to knowing
She keeps on growing
Slipping through my fingers all the time

Sometimes I wish that I could freeze the picture
And save it from the funny tricks of time
Slipping through my fingers...


Voilà, cadeau pour la fête des mères:-) Et puis du chocolat pour soigner le petit coup de blues qui va avec…


Charlotte au chocolat noir et écorces d'oranges confites

Ingrédients:
  • 200 gr de chocolat noir (70% de cacao)
  • 10 cl de crème fraîche
  • 2 c. à s. de rhum brun
  • 2 feuilles de gélatine
  • 4 oeufs
  • 1 pincée de sel
  • 100 gr d'écorces d'oranges confites
  • biscuits à la cuiller ou boudoirs

Réservez les trois ou quatre plus belles écorces d'oranges confites et détaillez le reste en petits dés.

Faites fondre le chocolat au bain-marie avec la crème fraîche et le rhum. Lorsque le mélange est bien homogène, ajoutez-y les jaunes d'oeufs un à un.

Battez les blancs d'oeufs en neige ferme en y ajoutant une pincée de sel. Mélangez délicatement les blancs d'oeufs, le chocolat, et les dés d'écorces d'oranges confites à la spatule.

Disposez les biscuits sur les parois d'un moule à charlotte, le côté sucré vers l'extérieur. remplissez le moule avec la préparation au chocolat. Faites prendre pendant au moins 3 heures au réfrigérateur.

Décorez avec les écorces d'oranges confites entières.


Charlotte au chocolat blanc

Même mode opératoire et mêmes ingrédients, à quelques détails près:

  • on remplace le chocolat noir par du chocolat blanc (ça, c'est pour ceux qui n'auraient pas suivi;-)
  • on remplace le rhum brun par quelques gouttes d'essence de vanille
  • pas d'écorces d'oranges confites; par contre, on peut décorer avec des fraises.

Bonne dégustation!



vendredi 1 mai 2009

Kouign-amann

Il y a quelques semaines, dans le cadre d'un programme d'échange pour enseignants, nous recevions la visite d'un collègue finlandais. Parmi les différentes activités qu'il a proposées à nos étudiants, il en est une qui m'a beaucoup amusée mais qui m'a aussi donné à réfléchir.

Il s'agissait pour eux de se mettre d'accord sur les trois valeurs fondamentales qui définissent le mieux les Wallons. Résultats: (1) le sens de l'accueil, (2) l'esprit festif et (3) un goût prononcé pour les plaisirs de la table.

Ce top 3 ma foi fort cohérent était pour moi assez prévisible - en tout cas conforme à ce que pense la Wallonne que je suis. Le collègue finlandais, pour sa part, n'a pas vraiment été surpris (ce n'était pas son premier séjour chez nous), mais n'a pas non plus pu s'empêcher de souligner les importantes différences culturelles qui séparent le Finlandais et le Wallon lambda.

Par exemple, il nous a expliqué que la première valeur fondamentale qui définit les Finlandais est l'honnêteté... Sourires polis des étudiants, qui n'avaient visiblement pas trop envie de s'aventurer sur ce terrain-là - plutôt glissant en Wallonie, il faut bien le dire (je ne m'étendrai pas sur les quelques murmures que j'ai très nettement perçus et qui évoquaient une certaine ville du sud du pays...).

Ensuite, il nous a fait part de son étonnement quant à notre faculté à profiter des bonnes choses, le plus souvent sans éprouver le moindre sentiment de culpabilité. Il semble qu'en Finlande, l'Etat ait très à coeur la bonne santé de la population et ait fait en sorte, à grand renfort de campagnes préventives, que le "manger sain" ait maintenant force de loi. Aller au McDo - même une fois de temps en temps - relèverait limite de l'incivisme! Leur éducation souvent teintée de protestantisme a fait le reste: ils sont bien obéissants et restent de marbre devant un cornet de frites. Vu d'ici, on ne peut que les plaindre, non?

Dieu merci, ma wallonitude déculpabilisée m'a permis d'apprécier, ces dernières vacances de Pâques, la gastronomie bretonne à sa juste valeur. Et heureusement, car entre le beurre et la crème fleurette, les préparations diététiques se font rares.... C'est bien simple, je trouve que pour illustrer le concept de pléonasme, les professeurs de français troqueraient avantageusement le traditionnel "petit nain" (par ailleurs politiquement incorrect) contre les "spécialités bretonnes au beurre"...

La preuve avec cette emblématique recette de kouign-amann (littéralement "pain au beurre" en breton), dont je vous propose pourtant une version allégée (normalement la quantité de beurre doit être égale à la quantité de farine!).

Ingrédients:

  • 300 gr de farine (+ pour le plan de travail)
  • 15 gr de levure fraîche
  • 20 cl d'eau tiède
  • 150 gr de beurre demi-sel ramolli
  • 250 gr de sucre fin
  • 1 c. à c. de sel

Délayez la levure dans l'eau tiède, puis versez sur la farine dans un saladier; ajoutez le sel.

Mélangez le tout puis pétrissez activement la pâte à la main sur un plan de travail enfariné (pour éviter que la pâte ne colle aux doigts). Faites une boule et couvrez-la d'un linge. Laissez lever une heure dans un endroit tiède, jusqu'à ce qu'elle double de volume.

Préchauffez le four à 220°.

Toujours sur un plan de travail enfariné, abaissez la pâte à la main ou au rouleau. Posez 100 gr de beurre et 200 gr de sucre au centre et ramenez les bords de la pâte pour enfermer le tout.

Posez la pâte dans un moule à tarte (de préférence en porcelaine à feu) et ramenez à nouveau les bords de la pâte en appuyant avec le poing au centre. Badigeonnez avec les 50 gr de beurre et saupoudrez des 50 gr de sucre qui restent. Enfournez.

Glissez sous la grille du four la lèche-frite remplie d'eau et laissez cuire 30 à 40 minutes. L'eau dans le four créera une chaleur humide, ce qui donnera un kouign-amann moelleux à souhait.

Bonne dégustation (avec une petite bolée de cidre doux;-)

Bréhat, mon île bretonne préférée (Copyright © l'Homme, 2009).