dimanche 19 octobre 2008

Bonshommes au sucre et aux raisins secs ("cougnous")

"Mais c'est pas possible! Les p'tits mecs de dix ans, ça ne pense qu'à ça!"

Constat exaspéré de l'Homme au terme de ses consultations ce samedi 18 octobre, journée annuelle de l'opération "Place aux enfants".

A la décharge des gamins, il faut bien dire que les circonstances étaient favorables aux débordements.

D'abord, le dernier groupe de la matinée à venir l'observer dans l'exercice de son art était exclusivement composé de garçons. Et les garçons de 10 ou 11 ans, effectivement, ça ne pense "qu'à ça"; c'est bien connu.

Contrairement aux deux premiers groupes, ils n'étaient pas accompagnés d'un adulte (le "passe-muraille" de service, notre bien-aimé Bourgmestre, les avait lâchement abandonnés dans la salle d'attente et s'était tiré vite fait. Pas très responsable, comme attitude; faudra qu'on lui cause).

Ensuite, ils venaient tout droit de chez le concessionnaire automobile du village d'à côté, dont ils avaient visité l'atelier de réparation et admiré les inévitables calendriers pleins de beaux châssis. Ils sont donc arrivés chez nous chauds comme des baraques à frites (et ont d'ailleurs gauloisement suggéré à l'Homme de refaire la déco de la salle d'attente dans le même style - pas sûre que ça plairait à l'ensemble de la clientèle...).

Enfin, et pour couronner le tout, l'Homme n'a eu QUE des consultations bien cracra pendant qu'ils étaient là: chien prostatique (toucher rectal - oeillades en coin, gloussements, et commentaires salaces), chien "qui fait le traîneau" (vidange des glandes anales - re-oeillades en coin, re-gloussements et re-commentaires salaces), ...

Bref, une fois tout le monde parti, l'Homme était un peu fatigué. Cela dit, je suis persuadée que la petite pointe d'amertume que j'ai pu discerner dans ses propos n'était pas due à la visite des gamins ni à leurs bruyantes et monomaniaques préoccupations, mais bien à la soudaine prise de conscience que tout ce petit monde avait bel et bien le même âge que son bébé adoré. Tempus fugit...

Typiquement le genre de bobo qui se soigne très bien avec un bonhomme aux raisins et une grande tasse de chocolat chaud.

Ingrédients (pour environ 10 bonshommes):

  • 1 kg de farine
  • 80 gr de levure fraîche
  • 60 cl de lait tiède
  • 4 jaunes d'oeufs + 2 oeufs entiers
  • 200 gr de sucre
  • 250 gr de beurre
  • 1 pincée de sel
  • raisins secs (selon le goût)
  • sucre perlé (selon le goût)

Dans un grand plat, formez une fontaine avec la farine, le sucre et le sel.

Délayez la levure dans le lait tiède, versez le tout dans la fontaine et ajoutez les jaunes d'oeufs.

Mélangez en ajoutant peu à peu le beurre ramolli. Travaillez à la main jusqu'à l'obtention d'une boule de pâte lisse et élastique.

Couvrez d'un linge propre et laissez reposer une heure à température ambiante. La pâte doit gonfler.

Préchauffez le four à 210°.

Retravaillez rapidement la pâte en y incorporant les rainsins et le sucre perlé. Confectionnez les bonshommes, posez-les sur la plaque du four préalablement graissée, et laissez cuire 20-25 minutes à four bien chaud.

Bonne dégustation!

mardi 14 octobre 2008

Confiture mi-figues mi-raisins et un petit goût des îles en plus

Je viens tout juste de terminer la lecture des dernières tartines en date de ma copine Catherine (c'est toujours un bonheur de te lire:-), et j'ai été tout particulièrement interpellée par le post intitulé "C'est grève"...

L'écoeurement dont elle fait part dans son texte fait écho à celui que j'ai ressenti dimanche dernier lors d'une sortie familiale à la Foire de Liège, et qui n'a absolument rien à voir avec l'inimitable symphonie olfactive qui vous accueille dès la première échoppe de barbe-à-papa et vous suit jusqu'à la maison pour peu que vous ayez cédé à la tentation et que vous vous en soyez mis partout (le mélange ketchup-moutarde du hot-dog géant dégouliné tout droit sur la veste et le sucre impalpable des croustillons par-dessus, un grand classique...)

Non, rien à voir avec les odeurs de nourriture, ni avec l'afflux massif de monde en ce dimanche ensoleillé, ni même avec la discourtoisie des conducteurs de poussettes qui vous ruinent les tendons d'Achille pour gagner deux mètres ou des fumeurs compulsifs qui préfèrent prendre le risque de brûler quelqu'un plutôt que de se mettre deux minutes à l'écart de la foule...

Ce sentiment fait plutôt suite à la brutale prise de conscience d'un phénomène insidieux auquel je n'avais pas trop prêté attention jusque-là: l'omniprésence absolue de l'incitation à la consommation.

Encore fois, je ne fais pas allusion aux laquements et autres délices gras et sucrés à l'envi dont la Foire regorge (que celui qui n'a jamais craqué me jette la première pomme d'amour), je ne parle pas des manèges, et je ne remets pas en question les institutions que sont la pêche aux canards et autres tirs aux pipes (même si tous les parents seront d'accord pour admettre que la pêche aux canards est une arnaque monumentale - 10 euros en moyenne pour finalement "gagner" une cochonnerie en plastique made in China qu'on trouve pour 50 centimes sur la Batte et à laquelle nos gnomes adorés ne jetteraient même pas un regard en temps normal...) Après tout, c'est ça, la Foire! Ou en tout cas, c'est comme ça que j'aime à l'imaginer...

Non, je parle d'incitation à la consommation avec un grand C: écrans plasma, frigos américains, jantes en alliage, PC portables, IPhones, GPS, consoles de jeu toutes marques, etcetcetc. Car figurez-vous qu'on peut maintenant - en théorie - gagner tout ça sur la Foire... Et plus seulement à ces baraques où il faut acheter des billets de tombola; on trouve également certains de ces objets dans tous les luna-parks, jusque dans ces cages en verre dont on peut - toujours en théorie - gagner le contenu si on manoeuvre adroitement la pince servant à l'attraper et qui, hier encore, ne contenaient que des animaux en peluche ou des friandises...

En ce qui me concerne, la nausée a atteint son apogée lorsque j'ai entendu une dame demander à la propriétaire d'une de ces baraques de tombola si on pouvait payer avec Visa. J'ai tenté d'apercevoir dans ses yeux cette lueur qui, paraît-il, n'a pas de prix... en vain.

Sans transition, comme dirait François (de Brigode), une petite recette pour une confiture d'automne bien sympa.

Ingrédients:

  • 600 gr de figues bien mûres
  • 600 gr de raisin blanc
  • 900 gr de sucre cristallisé
  • 1 verre d'eau
  • 2 gousses de vanille
  • le jus d'un citron
  • 25 cl de rhum brun
Lavez les fruits et épongez-les. Coupez les figues en quatre et égrenez les raisins.
Portez à ébullition l'eau, le sucre, le jus de citron et les gousses de vanille fendues dans le sens de la longueur. Faites cuire environ 10 minutes.
Plongez les fruits dans ce sirop et poursuivez la cuisson pendant environ 45 minutes (la confiture doit être "à la nappe").
Retirez les gousses de vanille, ajoutez le rhum et mélangez bien. Versez la confiture chaude dans les pots (bien jusqu'au bord) et fermez-les.
Astuce: la confiture peut normalement se conserver jusqu'à un an. Pour éviter tout problème, retournez-vos pots dès qu'ils sont fermés et laissez-les à l'envers pendant 24 heures. Vous pouvez alors les remettre à l'endroit et les ranger à l'abri de la lumière.

Bon appétit!